mardi 30 août 2011

Mangeons et buvons !

La réponse est... "Le repas de Jésus". Y' a trois ans, je quittais la Cène pour cause d'indigestion : trop d'messe sur ce bateau qui m'conduisait en Terre Sainte. Depuis, j'avais séché la party dominicale. J'disais : "ça veut p'us rien dire pour moi ; j'comprends rien à ce truc ; ça a p'us d'sens". J'attendais de repiger.

Pourtant, quand j'y allais, à chaque fois ça f'sait vibrer un truc en moi, comme un mec qui rentre de voyage, qui  a du plaisir à s'retrouver chez lui, mais qui s'sent quand même étranger. I' reconnaît tout, mais son regard a changé. C'est p'us pareil.

C'week-end, dans une église, ch'uis tombé sur une feuille qui parlait de "manger" et de "faim". Et là, ça s'est éclairci, mon sentiment d'étrangeté a disparu.

La messe, c'est quoi ? C'est le repas d'Jésus, simplement. Il m'invite à déjeuner, à partager sa table pour discuter, pour l'écouter, pour m'écouter, pour passer un peu de temps avec lui, pour nourrir pour la vie que j'ai à mener.

La semaine dernière, j'étais seul chez moi, j'en ai profité pour aller au ciné, sortir me balader et dîner avec des amis.

J'me rappelle particulièrement de ce dîner incroyable avec une amie. On a commencé à parler de D.ieu. Elle me parlait de sa quête qui lui tordait les boyaux, des moments de ténèbres qu'elle avait traversés quand elle était tombée malade, des gens qui avaient là pour là dans l'abîme, juste au moment où elle avait le plus besoin.

Manifestement, D.ieu était auprès d'elle depuis longtemps et multipliait les appels du pied. Elle en était très proche mais comme de l'autre côté d'un rideau de tulle. Elle était éclairée dans les ténèbres d'une lumière surnaturelle.

Il n'y avait qu'un pas à faire pour rencontrer celui qui l'attirait à Lui depuis si longtemps. Moi, je ne pouvais rien faire. Son pas, c'était le sien. La seule chose que je pouvais faire, c'est prier D.ieu de la soutenir pour l'aider à franchir ce petit pas.

On était sur une terrasse, il faisait bon. Alors, à un moment donné, j'lui ai dit : "Si tu veux, je peux prier pour toi, là, maintenant ?". Elle a accepté. "Qu'est-ce que tu aimerais demander à D.ieu ?". Elle m'a dit qu'elle souhaitait ne plus revivre la maladie qui l'avait frappé.

Alors, j'ai prié pour elle à voix haute, devant nos verres de vin et nos assiettes vides. J'ai remercié D.ieu pour tout ce qu'il a fait pour elle, et j'ai demandé à D.ieu de la préserver de la maladie.

Je lui ai demandé si elle avait besoin d'être raccompagnée. Elle m'a répondu que non : habituellement, elle avait peur de rentrer la soir, mais ça allait : elle se sentait paisible.

Cette soirée fut étoilée. Je suis rentré chez moi en titubant alors que j'avais peu bu. Il s'était passé quelque chose de profond et de puissant.

En écrivant ces lignes, je comprends que j'avais le "coeur tout brûlant", comme les disciples sur le chemin d'Emmaüs. Nous avions relu les signes de la présence de D.ieu auprès d'elle, nous avions partagé l'amitié et le pain, j'avais prononcé une bénédiction et une demande, et le Christ s'était révélé à nous en disparaissant.

Je n'ai pas recontactée mon amie depuis. Je ne veux pas être tenté de mettre la main sur son chemin : il a appartient à elle et à Lui. Il est le meilleur guide possible.

Pour ma part, en marchant ce week-end sur le chemin qui mène à moi-même (40 km en deux jours pour me dégourdir les jambes), en priant dans le sanctuaire de mon saint Patron, en échangeant sur la route avec des frères qui portait le Nazaréen au coeur, j'ai compris que c'est dans un repas que peuvent se dire et se vivre des choses belles, fortes et essentielles.

Jésus était avec nous lors de ce dîner avec mon amie. Je peux le rejoindre à sa table tous les jours, et particulièrement chaque dimanche à l'église du coin, où il mange avec ses amis. Y'a une place pour moi.

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