Mon glaive d'amour
Ch'ui tombé sur une hymne trop puissante, tirée de Saint Symeon le Nouveau Théologien, un gars trop trop fort du XIème siècle.
"Comment es-tu foyer de feu
et fraîcheur de la fontaine,
une brûlure, une douceur
qui rend saines nos souillures ?"
et fraîcheur de la fontaine,
une brûlure, une douceur
qui rend saines nos souillures ?"
"Comment fais-tu
de l'homme un dieu,
de la nuit une lumière,
et des abîmes de la mort
tires-tu la vie nouvelle ?"
de l'homme un dieu,
de la nuit une lumière,
et des abîmes de la mort
tires-tu la vie nouvelle ?"
"Comment n'es-tu qu'un avec nous,
nous rends-tu fils de Dieu même ?
Comment nous brûles-tu d'amour
et nous blesses-tu sans glaive ?"
nous rends-tu fils de Dieu même ?
Comment nous brûles-tu d'amour
et nous blesses-tu sans glaive ?"
'tain, je tilte sur "foyer de feu", "fraîcheur de la fontaine", "de la nuit une lumière", sur "nous blesses-tu sans glaive". Tous ces pôles apparemment opposés réunis commes des contraires qui ne font qu'un.
Tous ces mots font échos en moi à des expériences que j'ai vécues, ils ravivent ces souvenirs, ils les font remonter à la surface. Et je prends conscience du lien inattendu qui nous unit.
La blessure du glaive d'amour, c'est pas du pipeau. Je l'avais reçue sur le p'tit tronçon de Chemin de compostelle.
Séquence 2. J'tombe sur la séquence de la Bible où Josué, qui va faire entrer le peuple hébreu dans la terre promise, rassemble le peuple lors de l'assemblée de Sichem pour lui demander s'il veut ou non rester fidèle au Dieu qui les a fait sortir d'Egypte (ou s'ils préfèrent les autres dieux). Le peuple dit oui. Alors :
"Josué inscrivit tout cela dans le livre de la loi de Dieu. Il prit une grande pierre et la dressa sous le chêne qui était dans le sanctuaire du Seigneur. Il dit à tout le peuple : « Voici une pierre qui servira de témoin contre nous, car elle a entendu toutes les paroles que le Seigneur nous a dites ; elle servira de témoin contre vous pour vous empêcher de renier votre Dieu." (Josué, chap. 24, versets 26-27).
Je suis tombé en arrêt devant cette idée qu'un objet soit le signe et le témoin de paroles proférées.
Cela me fait regarder autrement une pièce dans laquelle je rentre pour la première fois : je crois aussi que ses murs, aussi inanimés soient-ils, ont gardé une trace, une mémoire de tout ce qui a été dit et de ce qui s'est vécu entre ces quatre murs.
Je crois qu'on peut contempler les choses inanimées et entendre la voix de la vie, entendre toutes les paroles que Dieu a proférées. Elles perlent encore à la surface. Il y a juste à les recueillir dans le creux de mes mains.


2 Comments:
ce post m'interpelle. Il est des lieux et tu te doutes bien que Jérusalem en déborde où "la" présence est palpable. Ces lieux comme le dit si bien Alain Vircondelet dans " la maison devant le monde" sont " des charnières entre le ciel et la terre, pour que le paysage et soi-même atteignent à l’icône : le paysage en Dieu, l’être en Dieu. Il y a, c’est certain, des lieux où s’écartent les tentures qui obscurcissent le monde. "
Chère Bérangère, je t'entends et j'imagine. Cette ville me paraît tellement dense !
Au fond, je pense que la fin de temps se passera ainsi : un voile se lèvera de nos yeux et nous verrons enfin la réalité, même ici bas, avec toute sa profondeur : combien elle est habitée, emplie de la gloire de Dieu, sauvée. Bref,et pour employer un terme cinématographique, nous passerons d'un petit premier plan à un profondeur de champ abyssale.
Bises à la Hiérosolymitaine !
NicO
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